Il y avait de l’électricité dans l’air à la Conférence des bourgmestres et élus territoriaux de Wallonie picarde. Sollicités pour remettre un avis sur le projet de révision du Plan de secteur et le rapport sur les incidences environnementales concernant la Boucle du Hainaut, ses membres ont souhaité inscrire le point à l’ordre du jour de la plénière du 19 juin.
Il faut dire que la question est sensible et qu’en la matière, rien n’est tout blanc ni tout noir. D’un côté, il y a les inquiétudes, bien légitimes, sur les impacts en termes de santé, de cadre de vie, de biodiversité ou encore de patrimoine bâti. De l’autre, il y a le besoin criant d’électricité et la nécessité d’assurer la sécurité d’approvisionnement. Afin de nourrir les débats et rendre un avis éclairé sur le sujet, la société ELIA et l’asbl REVOLTH ont été invitées à partager leur position respective. Sur base des différents échanges, la Conférence des bourgmestres et élus territoriaux a décidé d’adopter à l’unanimité une position territoriale qui s’inscrit dans une logique de prudence.
Oui, il y a un véritable enjeu en ce qui concerne le réseau électrique et ses infrastructures.
Oui, il y a lieu de réaliser les investissements nécessaires pour assurer la sécurisation de l’approvisionnement énergétique.
Pour autant, la Conférence des bourgmestres et élus territoriaux considère que cela ne peut se faire au détriment de la Wallonie picarde et tient à relayer auprès des instances compétentes un certain nombre de demandes fortes et légitimes :
- En matière de santé, le principe de précaution doit prévaloir
- Des compensations au profit des propriétaires et des communes lésés doivent être garanties
- Le secteur de l’agriculture doit faire l’objet d’une attention toute particulière
- Les paysages ruraux et leur biodiversité sont à préserver au maximum
La Conférence des bourgmestres et élus territoriaux demande à ce que toutes les solutions techniques alternatives (enfouissement en courant continu, variantes de tracés) soient étudiées en vue de réduire autant que faire se peut, les impacts des lignes à haute tension. Celles-ci devront faire l’objet d’une analyse approfondie et rigoureuse pour évaluer leur potentiel en termes de limitation des incidences sur les populations (prioritairement en ce qui concerne la santé), les paysages, les activités agricoles, le cadre de vie, etc.
S’il est important d’agir pour la souveraineté énergétique, il convient de le faire avec le trajet le moins dommageable et la compensation adéquate des dommages inévitables. Quelle que soit la solution technique et le tracé retenus, la Conférence des bourgmestres et élus territoriaux demande à ce que le projet soit exécuté avec un suivi environnemental strict et dans le respect absolu des réglementations en vigueur.







