La Conférence des bourgmestres et élus territoriaux évoque la réforme des allocations de chômage avec le ministre Clarinval

Publié le : 13 Mar, 2026

En visite en Wallonie picarde, le ministre David Clarinval a répondu favorablement à l’invitation de la Conférence des bourgmestres et élus territoriaux. Sans surprise, les échanges se sont focalisés sur la réforme des allocations de chômage. L’occasion pour les participants à la plénière de faire remonter au ministre les réalités vécues au quotidien par les acteurs de terrain mais également de lui faire part d’un certain nombre de leurs desiderata.

UNE SITUATION TENDUE MAIS QUI RESTE POUR L’HEURE SOUS CONTRÔLE

En préalable à la venue du ministre, un sondage a été réalisé par l’asbl WAPI 2040 auprès des 23 CPAS du territoire afin d’avoir une vision la plus actualisée possible de la situation.

Premier constat : en Wapi, plus d’1 exclu sur 2 se tourne vers le CPAS
Les données récoltées font apparaitre que 59% des exclus du chômage de la première vague se sont tournés vers le CPAS avec pour conséquence directe une hausse des demandes de RIS.

Second constat : ce sont essentiellement les grandes villes qui trinquent
Si globalement les petites et moyennes communes sont, à ce stade, encore en mesure d’absorber le choc, la situation est par contre plus compliquée dans les grandes villes. Alors qu’en Wapi la moyenne des exclus pour 1000 habitants est de 17,68%, ce chiffre grimpe à 20,65% pour Mouscron et même à 21,55% pour Tournai.
Pour faire face à l’afflux des demandes, les CPAS des trois grandes villes de Wallonie picarde ont procédé à l’engagement de personnel supplémentaire (10 ETP pour Mouscron, 4 pour Tournai et 1,5 pour Ath), principalement pour les services sociaux de première ligne, l’insertion socio-professionnelle et le volet administratif. Une situation qui n’empêche pourtant pas les CPAS de Mouscron et de Tournai de rencontrer des difficultés à garantir le respect des délais de traitement des demandes.

Troisième constat : des conséquences indirectes à prendre en compte
À court terme, la réforme devrait pousser les CPAS à revoir leur organisation, essentiellement en ce qui concerne l’accompagnement et le job coaching vers l’emploi.
Pour l’heure, une autre conséquence se fait déjà ressentir. Celle de l’augmentation des demandes d’aides sociales, en particulier les aides pour le paiement des factures énergétiques.

DES MOYENS SUPPLÉMENTAIRES POUR ACCOMPAGNER LES PROCHAINES ÉTAPES DE LA RÉFORME

Face à la hausse des demandes de RIS qui grève encore un peu plus les budgets communaux déjà mis à mal, les élus demandent des compensations destinées à absorber ce transfert de charges du fédéral vers le CPAS. De manière plus spécifique, ils pointent le cas des exclus des allocations d’insertion qui représentent la part majoritaire des nouveaux bénéficiaires du revenu d’intégration pour lequel le fédéral n’accorde pas de subventionnement à hauteur de 100%.

Du côté des CPAS, l’augmentation de la charge de travail des membres du personnel induite par la hausse des demandes inquiète également. Afin d’éviter l’épuisement et pouvoir garantir une prise en charge humanisée et une gestion qualitative des dossiers, les élus en appellent à des moyens supplémentaires propres aux ressources humaines.

Enfin, la mise en œuvre effective de la réforme a mis en lumière toute une série d’écueils qu’il conviendrait de corriger à l’avenir. Parmi les principales demandes d’adaptations évoquées par les élus de Wallonie picarde citons notamment le maintien du dispositif ALE, le maintien et l’adaptation des dispositifs existants Article 60, ou encore la création d’un statut particulier pour les aidants proches.

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